Ceremonie de mariage pour aux couples homosexuels

  • Les nouveaux rites pour les nouveaux couples ?

La célébration religieuse du mariage devrait-elle être étendue aux couples homosexuels, aux PACS ou encore aux concubinages? Dans les Églises protestantes romandes, un culte de bénédiction d'un couple d'homosexuel-le-s n’est pas autorisé . Mais cela ne veut pas dire qu'il n'existe pas d'autres possibilités de culte. Le sujet suscite beaucoup de débats internes actuellement. Voici deux exemples :

  • a.) Voici la démarche adoptée par l'Union Synodale Berne-Jura, en décembre 1999. A cette date, le Synode a adopté un nouvel article du règlement ecclésiastique créant un espace liturgique pour les couples de même sexe. Cet article est placé volontairement dans la rubrique "Communauté solidaire" sous le chapitre "Diaconie et cure d'âme" et non pas sous la rubrique "Mariage" pour éviter toute confusion avec ce dernier. Cet article dit en substance ceci : «L'accompagnement spirituel et l'entraide offerts par l'Église s'adressent également aux personnes seules, aux couples mariés ou non mariés, aux familles, aux couples et personnes attirées par le même sexe, aux divorcés et aux personnes séparées, aux familles monoparentales, aux veuves et aux veufs". Les personnes vivant en situation particulière, traversant des périodes douloureuses ou heureuses, pourront ainsi s'adresser à l'Église qui sera à même de leur offrir une réponse adéquate. L'article suivant a été accepté en première lecture : «En accord avec le Conseil de paroisse, le pasteur peut célébrer des cultes à l'intention de personnes en situation de vie particulière. Ces cultes doivent correspondre à l'esprit de l'Évangile et avoir l'adhésion de la communauté. »
  • b.) La Compagnie des pasteur-e-s et des diacres de Genève s’est prononcée négativement quant à une cérémonie religieuse de bénédiction d'amitié en se fondant sur les arguments suivants :« La bénédiction d’amitié pose un problème particulier en ce sens qu’elle est appelée non seulement sur des personnes, mais aussi sur un certain type de relation. Il est donc important ici de distinguer entre vie des personnes et symbolique sociale religieuse. Sur le plan de la vie des personnes, en effet, nous pensons que l’Évangile nous appelle à accueillir sans restriction et à accompagner tout être humain. Sur le plan de la symbolique sociale religieuse cependant, un compagnonnage homosexuel ne peut être assimilé à un couple au sens biblique ; il n’a pas la même portée symbolique. L’Église ne peut donc consentir à faire d’une union homosexuelle le signe d’un lieu de vérité qui renvoie à Dieu et appelle sa bénédiction.

Extrait du livre:

LA RUPTURE DU LIEN CONJUGAL ET LA QUESTION DU REMARIAGE
Perspectives orthodoxes, catholiques et protestantes.

Auteur I. ANA. Bruxelles 2016. Copyright

I. Perspective orthodoxe

  • Mariage Divorce Remariage. Introduction
    1. L'evolution du mariage. Le divorce
    2. L'indissolubilité en orthodoxie. Le divorce religieux
    3. Références canoniques orthodoxes sur le remariage
    4. La celebration du remariage orthodox. Conditions
    5. Église orthodoxe : échec du mariage et remariage
    6. L'indissolubilité en orthodoxie. Le divorce religieux

    II. Perspective catholique

    1. L'Eglise Catholique face a l'echec du mariage
    2. Le mariage catholique est-il vraiment indissoluble?
    3. La dissolution des unions matrimoniales catholiques
    4. Causes et motifs pour demander la nullite du mariage
    5. Comment demander la nullite du mariage catholique
    6. Pastorale personnes divorcées, remariées civillement


    III. Perspective protestante

    1. La simplicité de la cérémonie du mariage protestant
    2. Le divorce et le remariage dans les Églises protestantes
    3. Ceremonie de mariage pour aux couples homosexuels



    La société civile peut éventuellement donner un cadre légal à de telles unions (c’est déjà le cas dans certains pays étrangers et des projets allant dans ce sens s’élaborent en Suisse), mais l’Église ne peut leur conférer le sens religieux que les personnes homosexuelles réclament souvent ». (Groupe d’étude sur l’homosexualité, Rapport daté du janvier 1992, p. 14).

    Le théologien Christophe D. Müller (de la Faculté de théologie protestante de Berne), fortement engagé en faveur de la bénédiction religieuse du couple homosexuel, soutient la thèse selon laquelle «la bénédiction d’un couple ne légitime pas sa forme sociale». Il est d’avis que l’Église, ce faisant, ne se prononcerait pas sur la valeur du choix de vie en question, elle resterait neutre. Dans un ouvrage ultérieur, il conteste également l’idée que la bénédiction implique une forme de légitimation divine ou ecclésiale. Mais il nous semble évident, à l’inverse, que l’Église, en appelant la bénédiction de Dieu sur l’union qui se contracte, reconnaît également la valeur du projet de vie qui s’exprime au travers d’elle. Elle ne reste pas neutre. Elle dit sa conformité à ce qu’elle croit être le projet de Dieu pour le couple.

    En prononçant une bénédiction sur un concubinage ou une union libre, l’Église, non seulement se mettrait en infraction par rapport à la loi civile, mais surtout donnerait la caution de l’Évangile à l’idée que l’engagement conjugal peut être une réalité privée ne regardant pas la société civile. Ou plus préoccupant encore : elle laisserait croire que le vis-à-vis du mariage pourrait être l’Église (la communauté ecclésiale) et non la société civile, ce qui correspondrait, théologiquement, à un retour à la conception (catholique) du mariage à laquelle les protestants se sont historiquement opposés .

    En prononçant une bénédiction sur un PACS hétérosexuel, l’Église donnerait la caution de l’Évangile à une forme d’engagement dans laquelle chacun des partenaires conserve la liberté de dissoudre à tout instant l’union contractée, et cela de façon unilatérale (ce serait la reconnaissance par l’Église d’une forme de «droit à la répudiation»). Le fait que le PACS présente certains progrès par rapport à l’union libre (il encourage la durabilité des liens et exprime une forme d’engagement civil) ne saurait, de notre point de vue, justifier que l’Église lui donne sa caution, tant que subsistera, à ses côtés, l’alternative du mariage .

    De surcroît, en prononçant une bénédiction sur une union ou un PACS homosexuel (désignée, dans les Églises qui la pratiquent, par l’expression «bénédiction d’amitié» ou «bénédiction d’amour»), l’Église donnerait la caution de l’Évangile à l’idée selon laquelle l’altérité des sexes ne serait pas indispensable à la constitution du couple. Elle affirmerait, à l’encontre des données bibliques sur le sujet, que l’homosexualité est également susceptible de s’épanouir en harmonie avec l’ordre de Dieu et la vocation que revêt à ses yeux la sexualité humaine. Elle réduirait également l’éthique biblique du mariage à une morale de l’amour aux contours assez flous.

    En accédant à ce type de demandes, l’Église, compromettrait le témoignage qu’elle est appelée à rendre au nom du Christ, ou se ferait complice de choix de vie que l’Évangile réprouve. Ce serait, de la part de l’Église, prononcer le nom de Dieu en vain, commettre une sorte de péché contre le troisième commandement du Décalogue : abuser du Nom de Dieu, jouer avec l’autorité de ce nom pour «bénir» des choix de vie desquels ce Dieu, en réalité, travaille à nous détourner.

    Par ailleurs, Robert Grimm se prononce favorablement sur la validité du couple non légalisé, au nom des valeurs reconnues constitutives de la conjugalité : respect, amour, fidélité, responsabilité, stabilité, visibilité, éducation des enfants, etc. Indirectement, il ne condamne pas le concubinage en disant : « Je ne vois pas au nom de quelle raison théologique et spirituelle une Église ou une société devrait condamner ou pénaliser un couple non marié.»