La prostitution en Europe

1. La prostitution en Europe de l'Est

Si la prostitution est ancienne et a toujours existé en Europe de l'Est, le phénomène de la prostitution organisé est en constante expansion depuis la disparition du rideau de fer, en raison de la paupérisation des populations. Plusieurs milliers de ressortissantes des pays de l'Est et de l'ex-URSS sont victimes de la prostitution forcée en Union européenne et en Turquie.

Tout a commencé en 1990. Après l'effondrement du bloc communiste, les réseaux de criminels se sont très vite organisés et se sont mis à recruter des candidates, à grande échelle, parmi les jeunes femmes les plus pauvres de la planète. C'est facile, un simple visa touristique suffit et les frais de transport ne sont pas cher, l'Union européenne étant très proche.

  • Qui sont-elles ?

Les proxénètes sont le plus souvent Turques, Albanais et Russes, les victimes de la traite - Roumaines, Polonaises, Moldaves, Ukrainiennes, Biélorusses et Russes, Albanaises... Toutes sont originaires des pays les plus pauvres d'Europe de l'Est. Aucun pays de l'Est n'échappe à la traite des femmes ! Aujourd'hui, elles sont quelques 500 000 jeunes femmes des pays de l'Est, qui, pour échapper à la misère de leurs pays d'origine sont ainsi exploitées contre leurs gré, au sein de l'union européenne et de la Turquie.

Anvers, en Belgique, est la plaque tournante de ce trafic. En décembre 1998, la Commission européenne a paru prendre la mesure du problème, tirant à son tour la sonnette d'alarme. Mais les efforts de l'Union Européenne, pour aider les pays de l'Est à lutter contre ce fléau restent, jusqu'à présent, fort limités.

  • Comment fonctionne le recrutement ?

Si certaines filles subissent le rapt, les cas les plus fréquents restent les faux contrats qui promettent un emploi de serveuse ou de fille au pair. Nombreuses aussi sont celles qui cherchent à se tirer d'une situation de détresse sociale et acceptent de se prostituer dans une Europe occidentale qu'elles idéalisent. Dans tous les cas, les filières exploitent la situation de vulnérabilité de ces jeunes femmes, parfois des mineures.

  • Pourquoi ne s'échappent-elles pas ?

Les victimes des réseaux de prostitution sont sciemment soumises à des pressions psychologiques, des contraintes physiques et des conditions sanitaires qui constituent un véritable processus de déshumanisation. Pour ces esclaves modernes, il n'existe aucun recours, pas plus en France que dans la plupart des pays européens, permettant d'échapper à leur sort.La moindre tentative de contact avec l'extérieur se solde souvent par un assassinat : en novembre, ce fut encore le cas encore de deux jeunes prostituées.

  • Des conditions sanitaires déplorables !

Souvent obligées de "pratiquer sans préservatifs", ces jeunes femmes sont confrontées à de terribles conditions sanitaires : elles n'ont bien entendu pas accès à un suivi gynécologique, elles sont exposées aux MST et l'on relève jusqu'à des cas de galle ! Certaines sont acculées à des avortements à répétition, provoquant des séquelles physiques et des traumatismes psychologiques graves. Régulièrement battues par les proxénètes, hématomes et fractures sont chez elles monnaie courante. Le plus souvent, elles n'ont pas accès aux soins hospitaliers; dans tous les cas, elles doivent continuer chaque soir à se prostituer.

2. La prostitution en Europe occidentale

  • En Suède, c'est l'interdiction pure et simple

Depuis le 11 janvier 1999, la prostitution est interdite en Suède. Les clients sont menacés du paiement d'une amende, voire d'une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu' à six mois. En réalité, aucune peine de prison n'a été prononcée depuis l'entrée en vigueur de la loi. Seules quelques centaines d'amendes ont été infligées aux clients. Philosophie de la loi suédoise : la prostitution est assimilable à une violence faite aux femmes. La loi a eu des conséquences très rapidement : la demande ayant chuté, le nombre de prostitués lui-même a diminué de près de 50%. Il n'y aurait plus, dans les rues de Stockholm, qu'une centaine de femmes qui se prostituent, contre 250 avant la loi de janvier 1999. Le Code pénal suédois a également été enrichi d'un nouvel article le 1er juillet 2002, qui punit "le trafic d'être humains à des fins d'exploitation sexuelle". Risque encouru : dix ans de prison. Au-delà de la punition, des campagnes de communication contre la prostitution et leurs clients qui tentent de dissuader les éventuels clients. Tout cela n'empêche évidemment pas la prostitution clandestine.

  • En Allemagne, c'est un métier presque comme un autre

En Allemagne aussi, la loi a changé : un texte entré en vigueur le 1er janvier 2002 a supprimé la notion " d'activité contraire aux bonnes mœurs ". Les quelques 50.000 prostituées d'Allemagne ont désormais un statut, celui de travailleuses indépendantes ou de salariées ayant un contrat de travail avec les patrons des " Éros-centers ". Mais la loi ne concerne que les prostituées volontaires allemandes. Cette nouvelle prostitution admise et réglementée est presque assimilée à un " métier comme un autre ". Demeure, parallèlement, l'activité des prostituées clandestines et souvent contraintes venues des pays de l'Est. Le débat est ouvert dans l'Union européenne : entre la Suède, qui a interdit la prostitution, l'Allemagne et les Pays-Bas, qui la réglementent les législations sont très diverses. Culture et histoire de chaque pays obligent. Mais la cohabitation entre ce qu'on appelle " le plus vieux métier du monde " et une véritable traite des femmes organisée devra forcément amener l'Union européenne à prendre des décisions communes.

  • En France, la prostitution est légale, mais le racolage est interdit

2003, en raison d'une hausse considérable du nombre de prostituée venant des Pays de l'Est, d'Asie et d'Afrique, des associations de riverains se sont mobilisées dans les grandes villes de France (notamment à Lyon, Bordeaux et Strasbourg) et ont demandé l'intervention des pouvoirs publique pour interdire le racolage dans la rue. Suite à ces mouvements de contestations, Nicolas Sarkozy, a fait voté une loi (loi Sarkosy) interdisant le racolage passif et actif en France. La prostitution est devenu un délit passible du tribunal Pénal. En quelques mois, des milliers d'arrestations ont été effectuées aussi bien sur les prostituées que sur leurs clients (à Bordeaux, Alain Juppé, Maire de la ville, a demandé au forces de l'ordre, d'interpeller aussi bien les prostituées que leurs clients et certains ont étés menottés comme de vulgaires truands). Les tribunaux ont étés littéralement débordés. Aujourd'hui, les prostituées se cachent et la prostitution est en train de changer de visage !

  • Danger pour les célibataires

En effet, " les filles " ont été obligées de changer leurs façon de travailler, certaines se sont exilées en périphérie des grandes villes, d'autres, à la recherche de nouveaux clients, passent des annonces, dans des journaux gratuits (prostituées déguisées, se faisant passées pour des femmes recherchant l'amour et sélectionnant leurs clients en fonction de leurs niveaux sociales) ou s'inscrivent en ligne sur certains sites Internet " gratuits pour les femmes " (qui n'ont aucun moyen de vérifier l'identité et les motivations de leurs adhérentes), d'autres ont ouvert des " Salons de massage " peu Orthodoxe et d'autres encore, surfant sur la vague de la technologie et d'Internet, ont créées leurs propres sites Web (ou leurs propres services audiotel) et se font appeler "Escort-Girl".

  • La prostitution : un effet pervers de la mondialisation !

Même si la traite des femmes existait déjà au Moyen Age, il est évident que l'ampleur actuelle du phénomène rend inévitables des décisions fortes : la prostitution est devenue une organisation criminelle internationale. Les intérêts économiques sont puissants, les flux financiers énormes. On parle même de " mafias ", celles-là même qui contrôlent aussi le marché des armes et celui de la drogue. La prostitution sert alors au blanchiment de l'argent sale.